Passengers…

Je n’ai jamais aimé les gares, tu sais pourquoi?

Parce que si j’y ai vécu des battements de cœur à m’en déchirer la poitrine, des secondes d’avant le grand big bang qu’est La Rencontre,

J’y ai aussi vécu les séparations les plus cruelles…

Il y a cinq ans, Gare du Nord, Paris…Je ne savais pas que je ne le reverrais jamais…

Il y a une semaine, Gare Saint Pancrace, Londres…

Ce soir encore tu me dis que sans moi tu ne vis plus, que j’ai effacé en 3 jours toutes tes anciennes amours.

Que j’ai brisé toutes tes certitudes, que j’ai mis le bordel complet dans ce que tu pensais être ta vie, immuable, programmée, bien rangée. Certes, tu n’étais pas heureux, tu te sentais vide, seul même à deux, parfois, quand elle est là.

J’ai eu beaucoup de mal à garder fermées les vannes de mes jolis yeux,

Je sais…tu ne voulais pas me voir pleurer. Parce que c’est ce que tu aimes aussi chez moi : la tête sur les épaules, la force tranquille d’une femme qui en a vu d’autre, qui a appris à encaisser, et qui avance. Tu te sens rassuré, quand malgré nos « I’ll miss you », je t’embrasse en souriant, confiante, puisque je reviendrai. London…Paris…somewhere else…everywhere you’ll think it will be possible…

Tu es rassuré, oui. Et pourtant, ce soir au téléphone, ta voix se brise presque. Parce que toi, tu dis que tu n’y arrives pas. Vivre sans moi. Et moi? Mon petit prince…tu penses que j’y arrive? Tu crois vraiment que je peux, sans complexe, voir passer le jour, la nuit, sans le miel de ta peau? Sans l’éclat de ton sourire, celui de l’enfant espiègle que tu es resté? Sans ces bras dans lesquels j’ai regardé briller la Tamise, tandis que tu me murmurais que, bientôt, je reviendrais…

Ce soir encore mon corps garde l’écho du tien…

Je t’envoie des mots, pour adoucir les maux, des phrases pour t’envelopper, comme si tu étais là, tout contre moi…

As the ink, in the water, poured
My thoughts diluted
The wind shakes the coat of heat
Which surrounded me with a
Dark
Thick
Heavy
Torpor
I put fingers on the surface
Of the water which rises from your eyes
As we throw pebbles in a lake,
They blurred your iris, brown,
And every word leaves one track
In an infinite surf…
Is it need to know
Why Love is born,
Why we go out of the black
Why the other one waited for us…
I put the glance on your skin
And its sweetness, in me, made echo
As we shout down from a mountain,
The words resounded, the Love gains me,
Soft and violent,
Tender and arrogant,
Funny and moving,
Melancholic and patient…
I put my heart
Against yours,
You put your hands
In the hollow of my loins,
You let me kiss You,
Love You,
You said to me
“I do”
And our hearts are nude…
And every caress, every kiss leaves a track,
In an infinite surf…

Comme l’encre,dans l’eau,versée
Mes pensées se sont diluées
Le vent secoue le manteau de chaleur
Qui m’enveloppait d’une torpeur
Lourde
Epaisse
Sombre
J’ai posé les doigts à la surface
De l’eau qui sourd de tes yeux
Comme on lance des galets dans un lac,
Ils en ont brouillé les iris,bruns,
Et chaque mot laisse un trace
En un infini ressac…
Est-il besoin de savoir
Pourquoi l’Amour naît,
Pourquoi l’on sort du noir
Pourquoi l’Autre nous attendait…
J’ai posé le regard sur le grain de ta peau
Et sa douceur, en moi, a fait écho
Comme on crie du haut d’une montagne,
Les mots ont résonné, l’Amour me gagne,
Doux et violent,
Tendre et arrogant,
Drôle et émouvant,
Mélancolique et patient…
J’ai posé mon cœur
Contre le tien,
Tu as posé les mains
Au creux de mes reins,
Tu m’as laissé
T’embrasser,
T’aimer,
Tu m’as dit
“Moi aussi”
Et nos cœurs sont à nus…
Et chaque caresse,chaque baiser laisse une trace,
En un infini ressac…

E.F.

Moi aussi j’ai mal…Mal à l’amour…

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~ par quedeleau sur 28 mai 2010.

2 Réponses to “Passengers…”

  1. Et la route est longue
    et l’amour est mâle

    et mon corps est calme comme un jour sans orage, sans ouragan

    et j’écoute, le coeur pincé comme une corde aigüe de mandoline

    et rime la douleur
    dans ton âme plaintive

    je suis là, à tes pieds
    et concentrée j’écoute

    le chant de la mer
    qui parle en ton chagrin
    qui roule en tes espoirs

    j’écoute la douceur
    j’écoute le désir

    j’écoute l’attente
    le voyage intérieur

    invisible
    mais tu sais que je suis là

    que je résonne sensible
    à ton écho

  2. La route est longue, l’amour est mâle…..
    Mon Dieu comme c’est vrai…

    Merci d’écouter mes maux, de laisser s’ébrouer mes meutes de chagrins et de manques de lui, juste en étant là…

    Merci.

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